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samedi, août 19, 2006

remembering dr doom


je me rappelle, il y a un temps, quand post-moderne n'était que de peinture atroce, que les liens étaient de lin, quand rupert murdoch rêvait à peine de tenir l'art entre ses mains, quand tout pouvait arriver et que faire des reprises était quelque chose d'excentrique, avant hitler sur les disques et avant que la pop se mette à réfléchir le visage de ceux qui la pensaient, avant béatrice, avant la mort des fractales, google image, quand c'était l'acte dangereux d'un sound designer virtuose qui se déguisait en david bowie ou erik satin et ça faisait râler les mangeurs de sinewaves, avant que les gens de mego ne s'habille comme steve albini ou ne se mette des doigts dans la chatte, avant que je redécouvre tool et the mars volta, avant qu'on comprenne d'où venaient où allaient keigo et le shibuya kei, avant qu'uwe ne s'achète une paire de lunettes et joue aux transmusicales de rennes (j'y étais, c'était fou de voir un homme réduire des samples à O% de leurs données pour faire du bruit blanc quand les gens voulaient des trompettes en l'air), sa musique idiote était dangereuse; et maintenant que tout est bloqué, pour de bon, que plus rien ne veut rien dire d'autre que le poids du son et comment s'articulent la densité, l'art et l'argent, uwe continue à faire ce que même béatrice, la putain, trouve totalement attendu; son arme c'est l'amour de sa matière première, kraftwerk, y.m.o. et les accordéons, ses munitions c'est son horizon, la visée, le rouage de la méthode; aujourd'hui il a terminé yellow fever!, belle maladie, juste quand je mets la main sur y.m.o. l'autotitré, en même temps que je commencé à réaliser ce que cochin moon énorme étrangeté de blips et de bloups et de musique indienne imaginaire de la même année faite par hosono et yokoo (mais personne ne sait vraiment ce qu'on leur doit), voyez-vous, le post-modernisme veut dire deux choses, le bruit et l'exotique, nitro d'art, veut dire, "un champs de possibilités infinies", veut dire, un tissus de mensonges qui vous fera croire à tout, même au succès, même à la mort des frontières; rydeen sur un métallophone, c'est idiot et c'est dangereux, c'est la mort de l'art. je sais que je hais senor coconut, tout le projet, je hais ce qu'uwe a fait aux chansons, ces si belles chansons, une vraie pute, je le hais de tout mon coeur, et c'est pour ça que je le trouve formidable, et maintenant même que plus personne ne veut de ça, de ce monde de putes qui snortent de l'art depecé, tout le monde s'amuse avec les arpeggiateurs de discovery et plus personne ne les trouve sales abusés, que nous reste-t-il, juste des histoires locales, l'odieuse odeur des artistes qui couchent ensemble, leurs histoires de cul minables, ou bien l'odeur cramée des compresseurs qui tournent à plein régime? une poussière de compresseur ou l'art mort, je me jette droit dans les bras de quelques madmen et de leur eden, eden, et le 21 novembre... à la fin de Firecracker, le dernier morceau de Yellow Fever, une note résonne, un blip étonne, et comme je panique de ce qu'il veut bien pouvoir dire, je remets le disque au début, quand, d'un sample réduit à 0% s'échappe une onde sinusoidale, un autre blip, une voix "je viens de loin, je veux que vous dansiez avec moi". rappelez-vous...

2 commentaires:

À 1:12 AM , Blogger francoise massacre a dit...

"tout le monde s'amuse avec les arpeggiateurs de discovery et plus personne ne les trouve sales abusés" (sauf moi)

 
À 8:50 AM , Anonymous Musique indienne a dit...

Sympas !

 

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