holidays on hold
"You are the ONLY person to visit this page. No one else will ever come here"
je n'en parle jamais parce que quand j'en parle je suis Gargamel mais là j'ai vraiment trop la haine:
Dotshop to close down
20/04/2009, 15:25
// For immediate release //
It is with sadness that we today must inform you that we are closing down our operation. The sales have dropped radically due to all the illegal file sharing going on, and we can no longer survive.
We have learned many things and we are proud and happy to have been able to represent so many great labels and artists, and we would like to thank each and everyone of you for a good collaboration and for the good music you have released. We wish you the very best of luck and fortune in the future.
We sincerely hope that all artists and musicians around the world start to speak up and fight for their professions and careers, or else we are afraid it's all gloom and doom from here. Unless you find a way how to monetize chaos.
This whole scene we are witnessing is a circus where pirates have hi-jacked concepts that are too important to be misused the way they are: democracy, freedom, bright future. These entities, it seems, are beyond their grasp and comprehension, as they truly have absolutely nothing to do with piracy.
File sharing without the permission of the owner of the copyright is a real killer. It is killing us. And it is killing the labels we work with. It is a fight for our livelihoods, and for free culture. Because without a strong copyright law we risk to be caught in a patronage and sponsoring web (and that is a kick-back by 200 yrs). We need copyright laws. And we need people who respect the law and pays the author.
We wish that everyone had the same respect for the creator as the many customers of Dotshop. And to all of you, our loyal music loving customers from all over the world - we thank thee graciously for your support, love and intelligence. Thank you!
You will all have a final op to purchase great music. Starting in June we shall have a BIG SALES CAMPAIGN to empty our shelves. This campaign will go on until we have cleared the shelves or till the end of August, whichever occurs first.
Anders Bersten, on behalf of team Dot.
une infinité de choses m'émeuvent ces jours et j'ai évidemment beaucoup caressé l'idée d'écrire sur quelques-unes de ces choses là; pour en dire plus, j'ai une bonne trentaine d'amorces qui peinent à survivre en l'état où elles sont, emmêlées avec d'autres amorces moins importantes à mes yeux dans quelque notule jaune ou griffonnage illisible à l'arrière d'une page d'un livre qui n'a rien à voir, mais trop conscient que "c'est n'être nulle part que d'être partout" (Sénèque, via Robert Burton) je me prélassais nulle part ailleurs que dans la myriade de choses que je dois rédiger pour manger "comme un épagneul capricieux qui abandonne sa proie pour aboyer à chaque oiseau qui aperçoit, (qui poursuit tout) à l'exception de ce que j'aurai dû étudier" (Robert Burton lui-même)
Thousand Knives of Sakamoto, sur la pochette duquel Ryûichi (en allant scanner des pochettes pour illustrer le dossier que j'ai rédigé pour Trax, un journaliste m'a dit en prenant la pochette de
Naughty Boys, "qu'est-ce qu'il était beau, quand même Ryûichi", alors je le cite en interpellant l'ami Ryûichi comme ça, par son prénom je trouve qu'il a raison), bien conscient de la beauté impensable du titre de son premier disque, prend un risque incalculable en posant avec une lampe de bureau allumée les pieds dans une baignoire (connaissait-il seulement les histoires de nos chanteurs morts?)
La Lettre e (Passage du Nord/Ouest)Libellés : aphex twin, memorabilia, monterroso

… I have rooted you out…
… But that was not at all…
…For not very long thereafter…
… after perhaps an additional hour of glissading down the Interstate..
… and puttng several more tiny, rattletrap towns past me…
… I found that, to my slight surprise…
… I had, at some point…
… begun to talk along with my signal…
… That is, actually to recite, from memory, what I was hearing…
… in perfect mimetic synchronization…
… regardless of what I was seeing through my open windows
To hear people say it, a comet arrived in Chicago last October. It went unnoticed by Yerkes Observatory. But within weeks, the fireball known as Lincoln Selwyn would shake up, transform and indeed ignite the city’s once-creaky social sphere, breathe new life into several major businesses and civic undertakings, and blaze a trail through (). And then it dispappeared
finalement, dans tout ce bruit, on entend à peine Lincoln sombrer, on l’entend à peine préparer son attentat, et on entend à peine la déflagration incroyable qui conclut le livre et, fait fabuleusement étrange, arrive après le point final du livre, son dernier jour de rédaction et un encart publicitaire pour Aurora la petite maison d’édition (« First in a series. To receive further articles, please leave your name and adress, along with any contributions, at : www.aurora148.com") comme si Dara jouait à brouiller les limites entre les rumeurs dans le livre et les rumeurs du réel qui le font si singulièrement exister dans le monde des lettres, depuis la pénombre jusqu’à l’effacement ; d’autant que ladite déflagration – les derniers mots hurlés d’un détective privé que Lincoln, plus tôt dans le livre, payait pour retrouver sa tante, face audit Lincoln qui, passé dans un état de furie totale, le menace avec une arme à feu – est incroyable de violence et de radicalité et qu’elle laisse un étrange goût de métal en bouche quand on se la coltine d’une traite après avoir repris la lecture d’un livre qu’on pensait achevée dans un beau désordre irréalisé. Qu’il milite pour la vérité ou pour l’imagination (qu’il compare, à l’aise, à une forme d’allergie), The Easy Chain est un livre très singulièrement renversant.
-So it’s all there. The thieving, the instability, the geographical mobility, the detachment, the anhedonia, the conscience – the conscience-less-ness. All the paraconsumption indices.
-… I don’t know. I don’t believe too much of that warp. I just think he’s a dick.
-A Section 18B dick.
-Yeah. Maybe.
);

Libellés : evan dara, richard powers, the easy chain, the lost scrapbook, tom leclair, william gaddis
vu hier soir aux alentours de minuit, après une énième vision de ce qui doit être mon film préféré
Voyage à Tokyo (ceci dit comme tout le monde je préfère, largement, le titre original, 東京物語, un conte à Tokyo), un mauvais documentaire sur les lieux où le film fut tourné et
où Ozu est enterré; on y lit le kanji qui dit rien;
Reinaldo Arenas, alors que ma mie me suppliait d'éteindre la lumière:Alors je suis entrée à la salle de bains (Adolfina se trouvant, par chance, je ne sais où ailleurs); je me suis assise au bord de la cuvette et me suis mise à répéter "rien", "rien", "rien". Jusqu'au moment où je me suis rendu compte que c'était un mot terrible. Et j'ai continué à me le répéter: "rien", "rien", "rien", jusqu'à ce que le mot se mette à se tortiller en l'air et à me gifler à toute volée, bien que j'aie la bouche fermée. Je me cachais la bouche avec les deux mains, mais le mot me sortait par le nombril, d'entre les jambes et par le bout des cheveux. Et j'avais beau étouffer, les deux mains dans la bouche maintenant, le mot me débordait aussi bien par les fesses que par les orteils; gonflait dans ma bouche, où il faisait une boule énorme. Je gardais les mains dans la bouche. Et le mot m'arrachait les ongles, "rien", "rien", "rien"... C'est à ce moment-là que je me suis rendu compte que dix-sept ans est le terme de la sagesse humaine.
Libellés : arenas, palais des très blanches mouffettes, 無
pensez ce que vous voulez de sa méchanceté, de son arrogance, de ses grimaces, de son cynisme, de ses manières, de sa coiffure, de la laideur, rien ne sera enlevé à la prescience immense de ce nouveau
boduf de chansons en allemand très concis parce que rien n'y est critiquable et rien n'en sera écarté; LIEDGUT est la plus belle, la plus émouvante chose électronique que j'ai entendu depuis 3000 jours, et tout le reste lui court déjà après. Vous me demanderez, qu'y entend on? Je viens de l'écrire pour le travail, je dois le réécrire pour un autre et je ne veux rien trop lui voler, mais sachez déjà que c'est un disque politique, comme la potée digitale et politique qui le précède sur la liste, qui parle de pureté, mais qui en parle très différement de ce disque précédent; il en parle en s'en acocquinant, en l'organisant sans s'en faire partisan, en la trahissant sans faire semblant, c'est un disque sur l'identité, c'est un disque sur le futur, c'est un disque sur les queues d'étoiles, sur celle de Kraftwerk, sur le moment où le coeur de Kraftwerk battait le moins régulièrement et le plus fort dans le coeur d'autres hommes (entre l'énorme "Heimatklänge" et "Morgenspaziergang", à peu près) c'est un disque sur le Trautonium et l'étrange Oskar Sala (qui, c'est assez fou, avait un peu fait aimer les sinus et les ring modulator aux Nazis), c'est un disque sur l'idiotie, la vraie idiotie, celle qui détruit le monde et la biodiversité, c'est un disque sévère, c'est un disque sur le pardon, et aussi sur le non-pardon, c'est un disque qui se voudrait le dernier, je crois, car il a une manière de s'en prendre à la voix humaine qui n'est pas très aimable, qui n'a d'égal en inaimabilité en fait que l'aimabilité avec laquelle il aime et empile les bruits amis des synthétiseur ou même les bruits ennemis des téléphones portables (je pense qu'Atom™ ne déteste rien plus au monde que les téléphones portables parce qu'ils concentrent tout ou presque de notre décadence) ou plutôt, qui ne semble rien tant aimer que de faire naître une voix qui ne pourra jamais appartenir à quiconque, la voix d'un quoi-conque (et c'est un délice esthétique, d'ailleurs les plus beaux sons électroniques entendus l'année dernière donnait aussi de la voix à quelque chose d'autre qu'un homme que ça vous plaise ou non, que l'antropomorphisme craigne ou pas), c'est un disque sur la tragédie de Schubert, sur ce que vous fait Schubert, ce que qu'on a fait à Schubert, un disque sur la fin de Schubert, un disque sur la fin de l'homme
et pendant que Alva Noto s'amuse à passer des lignes de code de programmes merdiques pour faire des beats (la pulsation c'est la vie dirait un mauvais DJ de garage new-yorkais) Atom™ use de son pouvoir pour chanter exactement le contraire, pour dire au revoir en quelque sorte; pour fêter ça, ce disque fabuleux, je rempile avec un présent: une transcription tronquée d'une conversation téléphonique avec Uwe Schmidt opérée l'été dernier, à propos du dernier Senor Coconut et livrée en version plus éditée encore dans le Trax du mois de septembre.
Libellés : Atom™, entretien, Kraftwerk, la vie les ananas, liedgut
, ne sort que fin janvier, mais vous n’aviez pas parlé du précédent non plus), la monstrueuse majesté de tout ce que tente Marcus Schmickler depuis deux, trois ans avec Thomas Lehn (« Navigation Im Hypertext »), Hayden Chisholm (« Amazing Daze ») ou son ordinateur (« Altars of Science », « Demos for Choir, Chamber Quintet and Electronic Music ») ou la violence abrupte, blanche et bouillonnante des « Four Electronic Pieces (1959-1966) » de Pauline Oliveros, éditée seulement cette année par Sub Rosa ou enfin, enfin, la densité considérable des « Works for Gisèle Vienne » de Peter Rehberg ; je refuse d'en tirer des conclusions sur l'ignorance et l'imbécillité (c'est nul aussi) mais les mollets me démangent, peut-être la faute à mes chaussettes de ski; voyons plutôt voir ce qui nous a enthousiasmé, car la vérité de ces râleries, c’est qu’on y voit un peu plus clair, que les belles choses émergent plus haut.
: j’en ai parlé ici, la musique électronique avance toujours par sauts de puce vers le dedans, dans ces péristyles traversants qui sont l’inconscient de l’époque, et si The Mole a réussi quelques coups d’éclat dans les listes des disc-jokeys, on n’a trop ignoré son apport important à la musique immobile, celle de Pauline Oliveros, Moodymann ou Lightning Bolt, et au funk mis-en-machine, celui de Cristian Vogel ou Roger Nelson; juste sur son flanc, le mix du duo allemand Âme pour la série de la boîte de nuit londonienne Fabric fut un très beau repose-pieds:
a bien plus de vertus que sa pochette (une affiche humide d’Iron Maiden, un chapeau), il est mirifique, car, comme je l’écrivais,
de Juana Molina – je la prenais pour une hobo emmerdante, mon chef, que je respecte infiniment, m’a dit « écoute le premier morceau, c’est très impressionnant » et j’ai découvert le deuxième monument immobile de l’année (ça met des cœurs et des choses à manger dans le papier-peint de High Places, Deerhunter, ce genre de trucs surestimés) ; « Certainty of Swarms » de Hair Police – je les prenais pour un dérivé de Wolf Eyes, j’ai lu que ça s’était fait dans le sens inverse, j’ai compris ma douleur, c’est un disque de douleur divertissante, un truc drôle et pas drôle (ça dépend des moments, mais pas seulement), un catalogue très, très riche de matières à copier-coller et une parodie de glaise adolescente – mieux qu’Ocrilim, mieux que tout, je l'écoute jamais mais je l'aime ; « Unpop » d’Yximalloo, au sujet duquel je n’oserai rien écrire, car ce grand gars violente la chanson depuis la fin des années 70, et je viens seulement de commencer à entrevoir sa lumière ;
grosse autocompilation de la grande, la grande, la grande JUN, qui choisit pas mal (j’aurais fait autrement, mais comme je l’ai peut-être découvert en lisant le mauvais JAPROCKSAMPLER de Julian Cope – sauf le chapitre sur les Rallizés Dénudés, très drôle et que je rêverais tant voir cité en idéal par quelques nouveaux venus* - j’aime bien moins le rock que la pop) mais offre beaucoup, faces B vitales et versions inédites renversantes ; à nouveau, je n’oserai rien écrire à son sujet, rien d’autre à part ELLE ETAIT FABULEUSE (elle est encore vivante, mais à en croire un autre bon ami qui l’a vue vaciller sur scène cet été pour fêter cette belle anthologie, ça ne va pas fort) comme je l'ai déjà écrit tant de fois sur Regina Spektor, Gal Costa ou Oni & Pika, il n’y a rien d’autre à acheter en cette fin d’année si ce n’est déjà fait, sauf les versions intégrales, si vous le pouvez, parce qu’elles sont presque toutes épuisés.
En guise de présent et avant le grand déballage de papelard, un presque inédit du travail: la version intégrale en v.o. dans le texte d'un entretien platonique (par e-mail) avec le formidable Morgan Geist à propos de son nouveau Double Night Time, rédigé pour le numéro 117 de Trax Magazine - parce que c'est beaucoup mieux comme ça, merci à vous, merci à lui.Libellés : entretien, morgan geist
un mot précieux et merveilleux, que m'a appris agnès varda hier après-midi:
XV. Spécifités des lieurs
Il est des choses qui lient par elles-mêmes, d'autres qui lient par certaine partie ou qualité en elles; il en est qui lient en raison d'une autre chose dont elle sont voisines, solidaires, ou auprès de laquelle elles sont disposés - tout comme un édifice de belle forme résulte de l'agrégat de parties informes en elles-mêmes. (Giordano Bruno, Des liens)
"everything is a subject on which there is not much to be said" (56)
"I WANT TO BE what I was when I wanted to be what I am now" (159)
"Rome wasn't burnt it a day" (j'ai perdu la page, je l'ai noté ailleurs)
"If I owned a hotel with a thousand rooms in it, I'd like to see her dead in every one of them" (651)rien de personnel;

Libellés : Alexander Theroux, cacotopia, punchlines
je viens d'apprendre que la grande
Yma aux cinq octaves (Zoila Augusta Emperatriz Chávarri del Castillo pour ses cousins) vient de rejoindre son arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière grand-papa Atahualpa au paradis, au bel âge de 86 ans. Je vous prierai en tristes conséquences de bien vouloir vous joindre au concert de hululements auquel je compte m'adonner - dès ma prochaine douche - en son honneur. Il va sans dire qu'un retour illico à Xtabay avec ce bon vieux Les s'impose aussi.
Haruomi Hosono 様 in his studio and a dismayed groupie turned stiff and speechless, Meguro Ku, Tokyo, novembre 2008.Libellés : fanatism, hosono haruomi
Je crois bien qu’aucun disque ne m’a plus plu que celui-là en un gros paquet de mois ; il a pourtant l’air, à l’épaisseur, bien moins dense que les pavés que j’aime mettre en sur le toit de mes maisons ; on n’y trouve même, sans passer par l’anamorphose d’une petite larme, aucun effet spécial digne de ce nom, à peine quelque incipit de chanson volontairement foiré, le coup de caisse claire qui s’écroule à côté, la guitare qui frise, le rythme qui repart un quart de temps trop tard pour souffler de la musique; depuis plusieurs semaines, je brûle de vous écrire à son sujet, mais je me trouve bien incapable de m’y résoudre, fouillant sans les mains les raisons de mon sentiment ; et voilà que je suis sans temps (je pars après-demain voir des amis au Japon, ça risque donc de faire le vent ici), un gros boulot sur le dos cet après-midi, je mets un principe dessus, depuis la baignoire, je fonce ici pour vous en dire deux, trois choses, sur ce principe ;