player_pianoblog

"You are the ONLY person to visit this page. No one else will ever come here"

mercredi, mai 14, 2008

acid polish

du texte travaillé
et des frissons pour aller avec (et je dis pas ça parce qu'on voit yoshimi en soustifs)

lundi, mai 12, 2008

even elton john's doin' it

lundi téloche, mes amis, pour célébrer le boson de Higgs et les langues de feu (on attend toujours qu'il soit vendu, ce foutu lot là)

d'abord YMO qui fait gigoter le public de la légendaire Soul Train et qui fait ricaner

Don Cornelius qui vraisemblablement ne comprend pas l'ironie cinglante de nos amis "we dance you understand we dance" - petit bout de magie musique petit bout de soul train, petit moment de racisme sympa et pre-reaganomique, et on rêve à Larry Levan ou Kevorkian qui matent ça en sortant du pieu à 15h un lendemain de travail (et pis regardez comment Takahashi se marre, comment Akiko sautille avec la banane, mon dieu, regardez!)


ensuite, deux add-ons hallucinants, deux fois YMO en studio, qui me rappellent une interview de Sakamoto, dans laquelle il expliquait qu'à l'époque des premières tournées du groupe, un type était payé pour retaper les code des séquences entre chaque morceau parce qu'on ne pouvait les stocker nulle part:
"At the time, MIDI was not invented yet," says Sakamoto. "We used analog sequencers with voltage controls. Soon after the MC-8 came out from Roland, we did two world tours. We still used the MC-8. There was no memory function. Every time we performed, the programmer had to re-code the song. While we were playing a piece, the programmer was typing the sequence of the next piece.
(c'est un peu fou, admettez)

d'abord, tutorial techno, sampler fairlight, Arp et synthés mystères sur "Behind the Mask" (toujours ma chanson préférée sur la terre)



sur la deuxième, skippez donc jusqu'à la démo par Hosono, vous allez voir, c'est un moment précieux, pure injonction de technopoésie, cables de ballons emmêlés, bruissement de touches en plastique jaune, séquenceurs papiers à trous qui peinent à suivre les doigts de Sakamoto, pagaille de trous, lumière bleue sur trou noir bakélite, nostalgie facile mais qui fera toujours vibrer l'âme positiviste (la mienne en tout cas)




et citation d'aloi sur la musique qui clignote sans qu'on l'entende (les un et les zéros, si vous voulez) parce que je rerererelis,
"dans le fil du courant, l'eau glisse sur les petits trous du vieil Hohner, qui apparaissent déformés: c'est comme un blues visuel que jouerait l'eau claire. Tous les cours d'eau sont pleins de musiciens. Comme l'a prophétisé Rilke: si la terre t'oublie, dis à la Terre prisonnière: je coule, dis à l'eau qui court: je suis". Il est encore possible ici d'entendre l'esprit de ces musiciens perdus. Il secoue l'eau de son harmonica, il y porte ses lèvres, il n'a jamais été si près de devenir un médium, il ne s'en doute même pas" (T.Pynchon, La contre-attaque, trad. Michel Doury)

jeudi, mai 08, 2008

restraining the paper


pas pu m'empêcher

mardi, mai 06, 2008

musée

petit résumé de Senges dans un espace euclidien, par ma pomme, ici

et ne me forcez pas à vous vous forcer à acheter ça

samedi, avril 26, 2008

amoureux centenaires

deux présents du samedi matin baigné de soleil de jour de givre

un bout de lettres précieuses, un peu triste, et un aplat de mélancolie, un peu joyeux; qu'en dites vous?

en croix, la musique, c'est "Okwukwe Na Nchekwube" par Celestine Ukwu & His Philosophers National (matin, quel nom), trouvé au début de la compilation Nigeria Special: Modern Highlife, Afro-Sounds & Nigerian Blues, certifiée bourrée à craquer de fer blanc, de plans de guitare à vous décrocher l'auriculaire et tout à fait branchouillement corrects (tu peux faire vrombir tes lampes de designer italien hors de prix, mon ami), emmagasinés entre 1970 et 76 c'est à dire avant que Fela devienne la norme, quoi, bref, utilitairement nickel pour un samedi baigné de soleil froid (pour le coup le morceau de Celestine Ukwu refroidit vraiment le paysage)

après, c'est sans commentaire, une démonstration de force et de fantaisie engagée, signée Senges, artiste à respecter parce qu'il allonge toujours, toujours les mots latins en italiques:




Lichtenberg et le beau sexe










Après ses Quarante-neuf façons de poser la tête dans sa main et sa théorie des plis de l'oreiller, Lichtenberg a le temps (le loisir) d'ébaucher un précieux Quatre-vingt-une postures de l'amour, pour tous usages et tout public, tant pour les mariages heureux que les couples en herbe, sur lit ou au balcon, et pour ces amoureux centenaires que l'on sait embarqués ensemble pour longtemps - parmi celles-ci, la soixante-deuxième: Le Pavillon des jours de givre: l'homme se tient assis, son chapeau sur la tête, un livre de prière à la main; sa partenaire est à genoux, les jupons légèrement retroussés, à une distance de sept pas au moins; elle a une brosse dans la main droite et lessive les carreaux de la cuisine. La trente-septième: La Gondole des nuits sans lune: la femme est en face de son mari, les bras nus et les cheveux défaits; lui se tient sur ses deux jambes (bien campé), les bras levés, le front bas; la femme frappe à six ou sept reprises sur ce front, si bas soit-il, à l'aide d'un balais (etc. - inutile de préciser que les brouillons ont terminé dans une lessiveuse).
Il s'était promis également de compléter le catalogue des conquêtes de Don Juan, en y apportant un supplément d'âme, son expérience des êtres humains, son invention qui compense les lacunes de l'expérience, toute la courtoisie des Lichtenberg, gentilshommes de père en fils, et la politesse proprement georg-christophienne n'appartenant qu'à lui, léguée à personne: des portraits de dames, suivis de leur nom et d'un fragment de biographie: plus l'ensemble est précis, plus il est érotique, mais plus il rachète l'apparente désinvolture du Don Juan encyclopédiste. (Fragments de Lichtenberg)

(oserais-je avouer que la totalité de mes fléchages est mue par des choix de coloris? tout doit contenir du magenta, sinon ça défigure la page)

vendredi, avril 25, 2008

i write what I like and connect the underlying themes and strains later

j'adore cette band photo

regardez la bien regardez Jamie Stewart regardez dans sa pogne ça parle de Peter Sotos et Peter Sotos faisait partie de Whitehouse avant, j'ai tout bon puisqu'il était même leur horizon flippant parce qu'il avait fait Pure et Pure fait flipper tout le monde même toi mon petit hipster même moi même que je retourne écouter du mambo numérique comme tous les matins

(et pourtant je l'ai trouvé sur le site de stereogum à la page d'un tribute album de björk)

allez lire cette interview c'est ça l'idée

jeudi, avril 24, 2008

cat vs. mouse

tiens, eh, mon bon ami David Marx, très grand gars, tokyoïte, salaryman, musicien formidable et phénoménologue de la chose pop politique , est doublement papa depuis 48h - sa mie Utako (of Kiiiiiiii fame) a mis au monde un vrai petit être, et son label Music Related a enfin usiné son deuxième album, Forty Years From Now On. Alors je veux pas fomenter des vagues qui vont nulle part mais le monde va un tout tout petit peu peu moins mal depuis 48H dans quarante ans et en attendant qu'il m'autorise à mettre un bout de cette nouvelle merveille d'indie rock encyclopédique épaisse comme le bras (Marxy fait un peu comme Céline ou Lichtenberg, il étend ses oeuvres sur 3000 pages bourrées à craquées de data et de carrefours et d'intertextes avant de convier la censure, des déménagements ou les invasions barbares pour les éclater en fragments, les disséminer dans l'histoire, puis les repêcher dans l'Hudson ou le fleuve Sumida et refaire des chansons avec ce qui reste)
allez dl celui- là-bas c'est gratis et croyez moi quand je dis que ce type là est l'expat le plus précieux de toute l'agglomération tokyoïte


et pis sinon ça n'a rien à voir mais bien fait pour leur gueule quand même

mercredi, avril 23, 2008

détonations

En préambule idéal aux aventures artificières de la famille Traverse - car bientôt en français dans le texte - d'Against The Day, en épaississement nécessaire du précieux Bréviaire des artificiers de Mathias Enard et Pierre Marquès, et parce que

comme le soutient Régis Debray, jadis théoricien de la guerre de guérilla et aujourd'hui gourou de la 'médiologie', 'terrorisme' et propagande ont toujours évolué en symbiose ("escalade concomitante de l'informatif et de l'explosif") : du temps de Robespierre, c'était la guillotine et le sémaphore; dans les années 1880, la dynamite et le télégraphe: de nos jours, c'est l'alliance de la voiture piégée et du site web qui hante le monde de Bush et de Ben Laden
on compulse Buda's Wagon, historiographie extensive du terrifiant VBIED* (Vehicle Borne Improvised Explosive Device, désignation du Pentagone des chariots explosifs à l'ère des open-source conflicts) à ses différentes heures, ses différents techniques et ses différents usages (pure perméabilité politique, des anarchistes italiens et de l'ABC de la Havane jusqu'à l'extrême droite sioniste au lendemain de la deuxième guerre mondiale). Soit l'étude saisissante dans le dernier siècle soi-disant moderne de l'autobomba, cet "instrument de terreur clandestin" adoré des "faibles" mais aussi "des régimes autoritaires et des superpuissances", qui terrorise les marchés financiers autant que les crève-la-faim aux arrêtes de bus, pure incarnation de disproportion, de distorsion géopolitique, de propagande par le fait et d'éparpillement, "superprothèses technologiques qui multiplient la dangerosité du potentiel meurtrier des organisations et des réseaux de petite taille". A acheter, à lire en ligne si on aime son bureau selon le chouette crédo de la collection Zones, de La Découverte, ou à regarder à la téloche.


On dansera aussi une petite valse de Guy Fawkes à pieds joints sur le tout dernier Melvins en quatuor batterie-batterie-bazz-buzz, qui s'appelle Nude with Boots et qui se disperse pas moins idéalement en pure joie Kiss-esque, riffs en ciment et déserts saumâtres, séparant systématiquement les trois comme on sépare le bon grain et le mauvais grain et l'ivraie parce que Buzz il est comme ça il mélange pas

family affair

un nouveau playerpiano à la maison

mardi, avril 22, 2008

le sens de l'hospitalité

l'aut' jour je chroniquais le nouveau Booka Shade pour le travail, je me faisais violence pour extirper des bons moments (j'aime bien Booka Shade, des vrais animateurs de boum avec le coeur sur la main, mais le disque est vraiment nul, il y a des tapis de cordes en plaqué or qui ne chantent rien, des chansons ridicules et des sons de synthé atroce) et j'ai glissé, à la troisième écoute (je suis un travailleur dévoué et pour citer un livre ébaubissant qui s'appelles Les fragments de Lichentenberg et que, j'espère, vous êtes en train de lire, "selon le barde Flann O'Brien, les molécules d'une bicyclette tendent à se mêler à celles du cycliste" - sans me comparer parce que je ne sais pas faire du vélo, c'est vrai que je suis incapable d'écrire à propos d'un moment de musique sans qu'elle se déroule en même temps même, pavlovien le gars) sur le solo de rhodes synthétique (encore une fois, son de synthé atroce) j'ai eu une EMOTION, je me suis dit si ça avait été un vrai piano j'aurais peut-être aimé ce morceau; je me rends compte à quel point c'est un fait indéniable sur la belle musique électronique quand j'écoute quelques beaux moments de dialogues avec les oiseaux sur le très honnête Live du très honnête (un peu trop) Henrik Schwarz ---dialogues avec les oiseaux c'est une autre définition du vocable deep, en quelque sorte, si vous voulez, si vous acceptez--- quand il met un peu de piano solo piano dans ses matières stretchées sans état d'âme (c'est un peu dommage), quand il refait des morceaux de Takahashi Kuniyuki (qui l'aime un peu trop, son piano, lui, j'ai comme l'impression que tout l'intérêt de la deep house c'est la limite diffuse d'énergie autour de laquelle elle se construit, en négatif, série d'évènements-effets virevoltant dans l'énergie amoindrie d'un inénarrable équilibre de force entre les oiseaux, qui chantonnent avec le petit dieu Sens d'un côté, et l'abysse dégueulasse du geste mécanique de l'autre, quand j'écoute All These Things de Kuniyuki Takahashi j'ai l'impression de lire une liste, de discuter avec un bouddha cybernetique qui en aurait après mon âme, quand j'écoute Schwarz je ne sais pas trop ce que je suis en train d'écouter et finalement c'est un bien rare, en dépit des moments laids, une surface irrésolue, problématique, conditions de génèse en quelque sorte si vous pouvez pardonner c'est petite ontologie ridicule de cette musique mais la deep house européenne, ses faiseurs et ses danseurs, tous courent après cette petite logique, j'en suis sur et certain), quand il en remet une couche sur les petits violons en plastoc de Boundzound, quand il grossit la matière de son "Imagination Limitation" façon gros piano vrombissant, je ne sais pas si Henrik Schwarz a un piano dans son salon, mais je suis sûr qu'il a un coeur gros comme la main; de même, quand le héros du peuple Carl Craig fait un sort à un atroce produit post kölnconcert (l'italien qui massacre Strings of Life pour en en faire de la vraie musique, là), quand le steinway résonne dans ses racks de delay simple et rebondit contre ses gros synthés, quand ses petites pompes new-agisées, affablisées jazz fusion de musique minimaliste new-yorkaise s'embourbent dans la bassline en carton et dans les cordes de DX7 et se muent en petits mécanismes cuivrés, c'est comme une libération, la house qui s'incarne en plein, avec tous ses paradoxes filandreux et son romantisme chou fleur (vous n'oserez pas argumenter contre Sakamoto quand il s'abandonne sur son Steinway, pas si vous avez vous même un coeur) et s'installent au creu de toutes les parois de la vie, surtout le matin, les pianos qui s'allongent sur les boitas c'est une musique du matin, pas une musique matinale, non, mais une musique du matin, ou comme Pierre Senges l'écrit à propos d'une toute autre chose, "les fantaisies sont entre de bonnes mains"*












*c'est un peu de la musique de droite je vous l'accorde mais achetez tout de même le maxi, c'est un chouette label français qui l'a fabriqué

lundi, avril 21, 2008

tête froide (orange givrée)

j'annihile un temps ma peur (je mue en taiseux mais ce n'est pas volontaire, c'est à cause des opportunités, du travail, des flux qui s'ouvrent de partout, mais voilà je me mets un coup de pied dans le derrière) et mes ambitions (à venir en italiques - l'encyclopédie, Pavić, Senges, Bustos Domec et Jeff Vandermeer et et après "un seul roman gros comme un boeuf au lieu d'une poignée de graviers lancée pour nous dérouter") pour vous apostropher sur un disque superbe que je m'enquille en toute illégalité (mais ça ne saurait durer), évidemment paumé perdu lettre morte dans le temps, parce que sur le papier, idiote comme un i:

DAS OHR AM GLEIS (l'oreille collée sur le gros rail) est en effet un disque sur les TRAINS et sur les RAILS dans lesquels on entend des TRAINS
et pas grand chose d'autre et c'est une bénédiction; si vous avez mis un pied dans la documentation sonore avec walkman, dat ou md vous savez à quel point le geste est attendu (vous en avez sûrement quelques heures dans un tiroir); et pourtant; il ne faut pas passer outre ce DUAL DISC (stéréo amoindrie sur une face, 5.1 sur l'autre, ce qui vous laisse un peu songeur puisqu'évidemment, en bon amoureux de la chose musique, vous n'avez pas de système 5.1, vous caressez la stéréo comme votre religion, comme j'observe au loin à l'horizon l'expérience en plein de l'ébouriffant, nécessaire ALTARS OF SCIENCE de notre héros Marcus Schmickler, me contentant de rêver en tremblant fort, très très fort, du fait de sa version rabougrie en stéréophonie) il faut s'y plonger; deux raisons massues, c'est le retour de FX Randomiz, dont on n'avait pas entendu une milliseconde depuis l'album de Holosud (pour la beauté de l'histoire, je vous mets un extrait de cette merveille oubliée, pour le biz, je vous HURLE qu'un nouvel album de Schlammpeitziger vient de voir le jour ), ensuite, c'est des nouvelles de C-Schulz, discret manipulateur, vénéré fantôme, une troisième raison pratique: c'est un disque AGREABLE, on y entend cliqueter des cliqueter, le vent sur les parois du train qui souffle des notes qui tiennent parce que le train se meut et parce que la bande souffle, des phrases superbes, des effets très honnêtes, des résonances qui chantent, des pulsations rajoutées, multipliées par l'informatique et par la main; les deux gars ont posé des micros un peu partout, sur les rails, entre les wagons, ils ont dû se payer le luxe de voyager sans destination, de s'oublier dans le temps du voyage, dans la bulle du temps perdu, cette intervalle chérie où il est autorisé de dormir quand on n'est pas fatigué, d'écouter le bruit, de jouir de ce qui défile et de lire autre chose que du travail; à la fin, en odeur inattendue, c'est une hymne presque techniciste, une ode, un horizon joyeux, les belles harmonies allemandes qui rêvent aux lumières autour de l'équateur mais qui ne les ont jamais vues autrement qu'en peinture, auxquelles trop de petits batards trop bien habillés (des français surtout, ceux-là ne peuvent pas s'empêcher de baver sur la beauté) font du mal en ce moment, , voilà donc un cadeau, une parenthèse enchanteresse de mouvement, et un hommage retourné à Klaus Dinger, qu'on se forcera à entendre dans le hors-sujet

mercredi, avril 16, 2008

back to work

"(...) Tous ces défauts ne sont cependant pas très graves : le lecteur capable de trouver la signification secrète du livre, en le lisant dans le bon ordre, a quitté depuis longtemps cette terre, et le public actuel estime que l'imagination est affaire de l'écrivain, non pas la sienne. (...) Pour un tel public le livre n'a pas besoin de renfermer un sablier qui indique le moment où il faut inverser le sens de la lecture, car le lecteur d'aujourd'hui ne change jamais sa façon de lire". (Milorad Pavić, Le dictionnaire Khazar)

En attendant des jours plus diserts (dès demain), allez-voir un peu les raisons du silence.

mardi, avril 15, 2008

compressons

"Poésie orale, performance, théâtre, lectures, dialogues de cinéma, conversations courantes, entretiens, témoignages, récits, rap, récitatifs, documents ethnographiques, discours politiques, religieux, pédagogiques, plaidoiries, leçons de danse, de yoga, de gymnastique, instructions militaires, instructions sportives, hypnose, litanies, prières, cérémonies, journaux télévisés, commentaires, sportifs, conte, reportages, boniments, publicité, vente aux enchères, synthèse vocale... L’extrême diversité des formes orales est rarement appréhendée transversalement.Le projet d’Encyclopédie de la parole vise à constituer un plan de composition sur lequel ces différents objets pourraient être comparés. Ce plan passe par l'organisation de séances d'écoute mensuelles où sont donnés à entendre toutes sortes de documents sonores, proposés par un groupe mobile de collectionneurs et agencés live par un DJ ou artiste sonore".

ce soir




vendredi, mars 07, 2008

un asile de fous dans la campagne suisse

Bien sûr le mois de mars est toujours le plus mélancolique; c'est le bout du rouleau, l'année nouvelle qui s'effondre; mais je trouve le moment plus tristoune encore qu'à l'accoutumée, et tout ce que je cherche, tout ce que je lis souligne le trait et densifie le gris.


Il faut dire que les nouvelles ne sont pas vraiment réjouissantes, que tout s'empile, que je viens de finir Effondrement et que j'en retiens surtout les tempêtes de poussière sur Pékin, le terrible vocable d'écocide, et l'étrange fierté des hommes qui préfèrent s'affamer que de manger du poisson;


il faut dire que j'étais persuadé que nous vivions dans une ère d'inflation lexicologique et qu'en fait c'est tout le contraire;

il faut dire que la lucidité terrible exprimée par Lydia Millet - sur les hommes, sur le maintenant, sur la terre, sur la boue - dans son nouveau How The Dead Dream, que j'évoquais l'autre jour à quelques comparses du country club que je viens de rejoindre - a des portées inattendues; je zone, des heures durant, sur EOL, l'encyclopédie des espèces, tapant des vocables au hasard qui, presque systématiquement, aboutissent à des espèces existantes, maugréant, en boucle, les mots incroyables que Millet (qui, soit dit en passant, travaille au Center for Biological Diversity, et qui sait de quoi elle écrit) offre à la psyché de son personnage, ex bigot béat du capitalisme, agnostique contraint frappé de plein fouet par le deuil, la nature sauvage en voie d'obsolescence et, malgré tout, son infinie mansuétude (un coyote écrasé sur le bas-côté de la route, un coeur qui s'arrête sans raison plausible, une espèce de rongeurs bientôt rayé de la surface du désert, un père qui devient gay, le garçon est admonesté de toutes parts)

"Spectacular bestiaries of heaven, the limbs and tails of the gentle and the fearsome, silent or raging at will... the could never be known in every detail and they never should be.
When time moved, moutains rose from the plains and the miracles multiplied, infinitely lovely. The miracles were the beasts" (Lydia Millet, How The Dead Dream, 235)

et encore je vous raconte pas la fin, belle à pleurer de grosses et chaudes larmes, et, pas moins outrés en vérité, les faits, juste les faits, seulement les plus intéressés, leurs conséquences, nos intérêts égoïstes qui agréent touts, qu'on lit dans le pavé sus-cité, et qu'on évoque, sans bien s'en rappeler, au détour un peu aviné, un peu paniqué d'une soirée amicale,

"Une fraction significative des espèces sauvages, des populations animales et de la diversité génétique a déjà été perdue; aux taux présents, une grosse proportion de ce qui reste disparaîtré au cours du prochain demi-siècle. Certaines espèces - tels les gros animaux comestobles, les plantes aux fruits comestibles ou le bon bois d'oeuvres - , malgré leur grande valeur pour les hommes, ont été exterminées dans le passé (...). La perte en biodiversité est tout aussi grave. Le monde naturel tout entier est composé d'espèces sauvages qui nous fournissent gratuitement des services qu'il peut être très couteux, voire impossible, de nous procurer par nous-mêmes. L'élimination d'un grand nombre de petits poissons a souvent des conséquences très dommageables pour les humains, un peu comme si l'on retirait au hasard beaucoup des petits rivets dans l'assemblage d'un avion. Les exemples en sont innombrables: le rôle des vers de terre dans la régénération des sols et la préservation de leur texture (l'une des raisons pour lesquelles le niveau d'oxygène a chuté à l'intérieur de Biosphere2, portant de graves atteintes à la santé (paralysie) de ceux qui y résidaient, était l'absence de vers de terre en adéquation avec le milieu, ce qui a contribué à altérer les échanges de gaz entre le sol et l'atmosphère); les bactéries du sol qui fixent les nitrogènes essentiels pour nourrir les cultures; les abeilles et autres insectes pollinisateurs (ils ensemencent gratuitement nos cultures, alors qu'il est coûteux pour nous de polliniser chaque fleur de culture à la main); les oiseaux et les mammifères qui dispersent les fruits sauvages (...); l'élimination des baleines, des requins, des ours, des loups et autres grands prédateurs qui modifie toute la chaîne alimentaire; et les plantes et les animaux sauvages qui décomposent les déchets et recyclent les nutriments contribuent ainsi à la qualité de l'eau et de l'air" (Jared Diamond, "Le monde est un polder", Effondrement, 546)
notez bien comment Diamond utilise le mot "gratuitement" quand il parle des miracles de la biosphere, notez bien comme c'est triste, notez bien comme c'est inapproprié: il faut dire qu'en sus, en feuilletant La décennie de François Cusset hier après-midi dans le métro, la première chose notable que j'ai lue était une référence à un dialogue entre Hervé Guibert et "le petit Corentin, 8 ans", paru au milieu des années 80 dans "l'Autre Journal":

"Corentin boursicote, avec ses propres économies, mais aussi l'argent de poche de son frère Emile, 4 ans: "ça ne le dérangera pas, à chaque fois il dit oui, alors..." Il connaît les pages boursières par coeur, et se fait quelques cadeaux dès qu'il réalise, par l'entremise de son banquier, une opération juteuse: "Une chose comme le jeu d'échec électronique, le blazer que je porte, je les ai voulus, je les ai achetés, et puis voilà". Une porte une petite cravate noire mais, sur l'habillement comme sur tout le reste, son point de vue est assuré: "Bon, si on veut aller au cirque, ou si on veut rester élégant pour aller courir, c'est mieux que les noeuds papillon ou de petites choses comme ça" ("Corentin boursicote" (entretien), "L'Autre Journal", 7 au 13 mai 1986)

ce qui nous nous ramène illico au point zéro, à celui du roman de Lydia Millet notamment et à l'enfance de son saumâtre héros, quand il suçote des pennies dans sa bouche et arnaque ses camarades à l'école;

il faut ensuite dire que, ce matin, j'ai fait tomber par terre une grosse pile de disques promo que j'ai récupéré hier, pour le travail chez un ami , et j'ai tenté, un court instant, de songer à la quantité monumentale d'efforts humains, d'argent, d'amour propre et de temps qui avaient été employés pour qu'elle vienne au monde, et j'ai beau, depuis ce matin que j'en écoute des extraits plus ou moins prolongés, me forcer à considérer chacun des disques de cette pile avec le même respect et la même gravité, rien n'y fait, pour moi, c'est comme s'ils étaient toujours entassés sur le parquet, dans la poussière (pourtant, ma mie a passé l'aspirateur il y a moins d'une semaine), effondrés dans leur petite masse plastique, certains pochettes cartonnées cornées, presque déchirées sous les petits gravats de leurs semblables ; il faut dire que la plupart sont assez nuls, ce qui n'est très bon pour le moral non plus;

il faut finalement dire qu'avant de m'endormir, hier soir, Bolaño m'a, une fois de plus, enseveli, le temps d'une remarque remarquablement sordide sur le labyrinthe, sous les monceaux d'une énième tempête de merde et de désespoir (ses personnages de lecteurs sont très humains, c-à-d qu'ils sont tout autant passionnés, amoureux, sincères que dérisoires, cruels, inconscients, égocentriques, dégueulasses, irresponsables et très pathétiques) :

Une fois sortis, ils prirent un taxi et continuèrent à discourir.
Le chauffeur de taxi, un pakistanais, les observa les premières minutes dans le rétroviseur, en silence, comme s'il n'en croyait pas ses oreilles, puis dit quelque chose dans sa langue et le taxi passa par Harmsworth et l'Imperial War Museum, par Brook Street puis par Austral et après par Geraldine, faisant le tour du parc, une manoeuvre de toute évidence inutile. Lorsque Norton lui dit qu'il s'était perdu et lui indiqua quelles rues il devait prendre pour retrouver le bon cap, le chauffeur garda, de nouveau, le silence, ne murmura plus rien dans sa langue incompréhensible, pour ensuite reconnaître que, en effet, le labryinthe qu'était Londres était parvenu à le désorienter.
Voilà ce qui poussa Espinoza à dire que le chauffeur, sans le vouloir, bordel de Dieu, bien sûr, avait cité Borges, qui avait une fois comparé Londres à un labyrinthe. Ce à quoi Norton répliqua que bien avant Borges, Dickens et Stevenson avaient évoqué Londres en usant de ce trope. Ce que, selon toute apparence, le chauffeur de taxi n'était pas disposé à tolérer, car la seconde suivante il dit qu'il était possible que lui, un Pakistanais, ne connaisse pas le susnommé Borges, et qu'il était aussi possible qu'il n'ait jamais lu les susnommées messieurs Dickens et Stevenson, et qu'il était même possible qu'il ne connaisse pas suffisamment bien Londres et ses rues, et c'est pour cette raison qu'il l'avait comparée à un labyrinthe, mais que, en revanche, il savait très bien ce qu'était la décence et la dignité et que, d'après ce qu'il avait entendu, la femme ici présente, c'est-à-dire Norton, manquait de décence et de dignité, et que dans son pays cela portait un nom, le même qu'on lui donnait à Londres, quel hasard, et que ce nom était celui de pute, encore qu'il ait été aussi licite d'employer le nom de chienne, de truie, d'hyène en rut, et que les messieurs ici présent, des messieurs qui n'étaient pas anglais à en juger par leur accent, avaient eux aussi un nom dans son pays, et ce nom était celui de souteneurs ou de maquereaux ou de proxos ou de barbots.
Discours qui, affirmons-le sans exagération, prit par surprises les arcimboldiens, qui mirent du temps à réagir, disons que les injures du chauffeur furent balancées sur Geraldine Street et qu'ils ne parvinrent pas à articuler leurs premiers mots que sur Saint George's Road. Les mots qu'ils parvinrent à articuler furent: Arrêtez immédiatement le taxi pour qu'on descende. Ou bien: Arrêtez votre saloperie de bagnole parce qu'on préfère descendre. Ce que le Pakistanais fit sans attendre, actionnant en même temps qu'il se garait, le taximètre et annonçant à ses clients ce qu'ils lui devaient. Acte consommé ou dernière scène ou dernier salut que Norton Pelletier, peut-être encore paralysés par la surprise injurieuse, ne considérèrent pas comme anormal, mais qui fit déborder, et abondamment, le verre de la patience d'Espinoza, lequel, sitôt descendu, ouvrit la portière avant du taxi et en tira violemment le chauffeur, qui ne s'attendait pas à une réaction de cette sorte d'un monsieur si bien mis". (Roberto Bolaño, 2666, page 93)

Je vous épargne la débauche de violence très mélancolique qui s'ensuit dans le récit, je vous épargne aussi ma conclusion, je vous épargne enfin la vérité, qui est aussi que, comme chaque année, le mois de mars est plein de mauvaises nouvelles dans les vies intimes de ceux que je connais, que chaque année je me dis, pareillement, il faudrait les prévenir, il faudrait leur dire de se prémunir, de se forcer un peu à attendre, par exemple que le mois s'achève et les oiseaux se mettent à chanter - et à nous réveiller - très tôt le matin, c'est-à-dire au milieu de nos nuits, avant de prendre des décisions, de laisser la mélancolie tout empocher, je devrais leur conseiller, me dis-je chaque année un peu trop tard, s'ils n'ont pas l'argent ou du temps pour des vacances, ils devraient faire de séances de luminothérapie

mercredi, février 27, 2008

FRIC_FRAC

Nous y voilà donc: http://fricfracclub.blogspot.com/

à compulser tous les jours de la vie, quand j'y parle (un peu) et quand je n'y parle pas (surtout)

mercredi, février 13, 2008

kolkhoze

to the guys at the FFC

why not really go collective?

pourquoi pas un vrai blog collectif?

dites moi, je lance l'infrastructure tentaculaire

jeudi, février 07, 2008

mcsweeney's girl

ma mie m'a montré le blog d'une charmante styliste américaine qui façonne des jolies robes en vichy dans sa jolie maison décoré de l'illinois qui soit sentir bon le bois poncé;

elle aime bien cuisiner des carrot pies; elle a une jolie frange et un petit air triste; elle n'a pas vraiment besoin de l'argent qu'elle gagne en vendant ses robes; elle doit aimer les graphic novels d'adrian tomine et les strips de liz prince et jeffrey brown et les films de myazaki; elle aime l'indie rock qui a du coeur genre sufjan stevens parce que ça ressemble à cat stevens - qu'elle écoutait avec sa mère même si à l'époque son truc c'était plutôt pj harvey; elle n'a jamais entendu parler d'edith frost;

son rêve est certainement d'aller au SXSW festival avec brian qui les cheveux tout ébouriffés pour découvrir les dernières tendances de l'indie pop suédois avec tous ces groupes genre fanfare tout foufous qui sont dix sur scène et qui sont déguisés ;

elle aime dave eggers; elle aime mcsweeney's

elle est le coeur de cible mcsweeney's

elle est la raison d'être de mcsweeney's

même si elle ne lit jamais jamais les nouvelles qu'il y a dedans, elle a pas trop le temps (en fait le seul livre de dave qu'elle a terminé c'est le deuxième, you shall know our velocity, elle a pas fini le premier, et puis c'est quoi son trip avec le Soudan là elle arrive même pas à comprendre si c'est bien lui qui a écrit le livre, mais bon, il est trop cute, quand même, ce dave)

je ne crois pas que cette fille me débecte tant que ça. en fait, j'ai beaucoup d'affection pour elle. on pourrait même passer du bon temps ensemble, qui sait

j'aime bien mcsweeney's

j'attends mcsweeney's 2 avec impatience même

proust translations war



She flipped the gigantic Hermès leather notebook Pradeep gave her on her last birthday and reexamined Andy Goldsworthy's seraphic earthwork. How could she compete? For the 10,000th time, she looked at Donald Judd's aluminium Marfan boxes and concrete bunkers in a neat desolate row (...). There was a a xeroxed article about Michael Heizer's awesome Earth Alert "ruin" in the Nevada high desert- it all made her queasy. Déjà vu vu vu vu vu: newspapers, slick city magazines, and Sunday supplements carrying the same tired layouts on an eroto-escherian loop: Marfa/getaways, Marfa/land boom, Marfa/Chinati (chinati meant "raven" in aztec - she wanted to gag), Marfa/Prada storefront installation, Marfa/Giant, Marfa/eccentric 50something heiresses, Marfa/renovated rundown Deco buildings and adobe fixer-uppers, Marfa/ocotillos and prairie dogs, Marfa/Dan Flavin/Barracks, Marfa/"Mystery Lights"... the monthly piece somewhere, anywhere, everywhere about culinary auctions of black truffles from the foothiils of the Pyrenees, or Masa Takayama's latest psycho-expensive sushi parlor, always "tucked behind an unmarked door"... the controversy over the use of "Kobe" vs "Kobe Style"... the Coppola family compound turned lodge-resort in Belize... The Spiral Jetty (aerial shot) and Andrea Zittel/A-Z Administrative Services/A-Z Raugh/A-Z Escape Vehicles and Michael Fucking Heizer. If she read one more thing about Smithson's Spiral Jetty (aerial shot) or the Lightning Field or Andi Joshua Tree (Mojave as Marfa) Zittel's schoolgirl uniforms and desert hiking trips or Heizer's cranks and idiosyncrasies or High Desert Test Sites or Center for Land Use Interpretation or Dia: Bacon or Lannon Foundation Earth Sculpture Installations or for that matter anything about William T Vollmann (who even looked like Robert Smithson; oddly, both Smithson and Vollmann looked like Donald Judd without beards) and the Inland Empire or Imperial Valley - she was certain she would disembowel herself at the Basel Art Fair and take a few with her. There were other, different loops: the UCLA Live Spring brochure with its dumbass hypey look-at-me names; Chava Alberstein, Pappa Tarahumara, Tania Libertad, Astrid (Zaha!) Hadad; the New Literary Hoaxes; the people compelled to amputate their own limbs; the affluent Manhattanites who got monstrous diseases and wrote tender tranchant diaries of their own demise... the Brian Wilson Smile and Elvis Costello classical-crossover/Metropole Orkest loop; the Walter Benjamin/Eva Hesse/Guy Debord loop; the Proust translation wars; the what-does-Steve-Jobs-who-is-always-standing-in-front-of-a-big-screen-image-of-
himself-have-up-his-sleeve loop (one year it was rare cancer).
Etc etc, etc; pour resituer un peu le contexte de la diarrhée, "she" c'est Joan, architecte chargée d'élaborer un mémorial en l'honneur de deux victimes du tsunami en Indonésie financé par leur frère multi-milliardaire, et c'est le coeur de Memorial, de Bruce Wagner, connu comme gars au cinéma et ex de Castaneda - mais aussi romancier ok, stylé, crâneur, extralucide, délicieusement cruel (un peu ce qu'on appelle - no pun intended - un satyricon), puant juste ce qu'il faut pour avoir un peu mal aux gencives; mais ce qui me taraude surtout quand je fais trempette dans ses longues charges précises et douloureuses contre la vie américaine moderne, c'est les exhibitions et les manipulations sémantiques très complexes qu'elles autorisent sans en avoir l'air. Je m'explique un peu: en propos rapportés dans les premières pages, on peut lire une citation de la revue Kirkus sur le bouquin qui dit "Brilliant, entropic fiction", et c'est presque ça qui m'a convaincu de le ramener à la maison. Je me demandais un peu pourquoi en parcourant les premiers chapitres; et puis petit à petit les atomes de la vie moderne se mettent à bombarder le texte, en références un peu absconses, en oripeaux de cet actuel liquide, spongiforme, dont la résilience au temps qui passe est si limitée et dont on peine à pouvoir analyser, en termes phénoménologiques plausibles, le fonctionnement de son action sourde (expliquez moi pourquoi un jour c'est les fractales et les laptop et le lendemain c'est les converse et les teesh de black metal, hein, expliquez moi), et puis, puis en références de références, références pliées, feuilletés, jusqu'à cette bonne vieille accumulation/saturation qui vide tous les mots, tous les signifiés et tous les signifiants, de tout sens et de tout sens commun. Je repense sans cesse au bureau de Slothrop, dans les premières minutes de Gravity's Rainbow, je me demande ce que pourra bien déchiffrer notre descendance de ces accrétions d'actuel emmêlé et labyrinthique, de noms propres quasi alchimiques, comme le méfait d'un Douglas Coupland aristocrate, dératé, insupportable, qui laisserait les plis de la vie qu'il décrit le submerger de non-sens, quand il tentait naïvement des les déchiffrer pour façonner ses punchlines ; je me dis que c'est une vraie singularité des lettres américaines, et qu'elle n'est pas, comme on râle si souvent de ce côté de l'océan en hurlant aux jongleries gratuites et absconses, une coquetterie formelle, loin s'en faut, mais une vraie charge politique, ontologique, structurelle qui habitent cette littérature de l'intérieur et qui peut pousser ses personnages à songer, même en blague, à pratiquer des seppuku (切腹) en public (je me dis aussi qu'on y songe pour protester contre le papier glacé, et plus pour la nation, mais juste en passant). Je dis ça, j'ai pas encore fini le bouquin; je dis ça, c'est sûrement très accidentel parce que Wagner est surtout réputé pour être une jolie langue de pute à Hollywood (eh il a même écrit le scénario de Freddy 3); je dis ça, j'ai même pas le temps de vous en parler correctement; je dis ça, tout a commencé parce que page 23, un personnage doit en rejoindre un autre sur le lieu de tournage d'un clip des Fiery Furnaces et que je me suis senti piqué au vif; je dis ça, on parle de Bill Vollmann comme d'un accessoire branché de la vile vie intellectuelle contemporaine, de la hype nazie, de cette salope d'époque, ça fait mal aux fesses.

eroto-escherian loop

vous allez voir c'est intéressant le surmenage feuillette vraiment dans ma vie intellectuelle

'me disais cette nuit de que les lentilles de vue ont fait beaucoup de mal à la pop music

non mais regardez richie hawtin

avant












après



















ça fait pas un pli

alors certes le garçon se cherche, mais pensez donc si elvis costello était un peu moins responsable la tête qu'il aurait

avec des lentilles

vendredi, février 01, 2008

off to berlin this week-end (you can find me on the tracks)


par là, vous aller voir je suis un mec, un vrai