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mardi, mars 20, 2007

crops that you tend (geronimo N°23)

Ce jour, je me trouve câmé, et ça fait une petite semaine que ça dure, au rythme effréné de cette forteresse de beaux hasards qu'est l'Almanac of the Dead de Leslie Marmon Silko, à sa myriade de petits gangsters, de smugglers idiots, de clochards savants, de sorcières dangereuses, je suis accroché à sa collection sns épine d'histoires éclatées, son plaid plein de trous de mites, et, je ne m'y attendais pas du tout, mais l'absence totale d'un axe tangible pour tenir cette belle hélice est beaucoup plus crucial que je ne l'aurais imaginé (la faute à son précédent Ceremony, sûrement, et à sa réputation d'item inévitable des cultural studies, ça me rebute), Silko lâchant totalement la bride de sa voix qui narre, folle, qui suit, apparemment, les héros et leurs petites bribes de destin comme on regarde passer les gens dans la rue, comme on en suivrait quelques-un au gré de ce que leur apparat pourrait bien avoir à nous raconter sur leur présent, leur passé, leur passé antérieur, puis, un peu plus loin, comme on prendrait la tangente d'une rue perpendiculaire pour en suivre quelques autres. Evidemment, une carte au début du roman indique bien, de sa distribution, que le tout se tient sans crevasse, les personnages font la chaîne, s'invitent dans les histoires des uns, des autres, mais le parcours dans la mêlée est tout à fait aléatoire, grignotant petit à petit en distribution de Poisson l'immense région de son sujet immense (les indiens, au Mexique, en Arizona, à El-Paso, les vivants, les morts, les morts-vivants, qui errent dans les amériques, qui foulent sans objectif dans les limbes modernes, le monde fini, la fin du monde chrétien, la fin du monde tout court), c'est très réjouissant. C'est aussi tout à fait furieux, tout à fait noir, tout à fait impitoyable, si je n'avais pas peur de me faire remonter les bretelles, je crois bien que je comparerais même cet almanach là à l'histoire de traverse du Tenderloin et de ses magnifiques putes magiques par Bill Vollmann dans sa Royal Family, parce qu'on y retrouve quelque chose de son quotidien infini posé au jour le jour, sans peur d'épuiser les yeux, sans peur d'épuiser les mots, quelque chose de sa manière de lier sans hésitation calque clapoteux du sordide en coups sur la tête et accélérations surnaturelles qui nous envole vers la lumière.

En b.o. parfaite, tout aussi toxique, tout aussi aléatoire, l'americana en lambeaux du We Are All Hopeful Farmers, We Are all Scared Rabbits du collectif informe Badgerlore (dedans il y a Rob Fiske, premier guitariste de Deerhoof à l'époque où c'était un duo de bruit et chef de 7 Year Rabbit, Ben Chasny de Six Organs of Admittance et maintenant Comets on Fire, et puis d'autres encore, un type de Charlambides ou quelque chose comme ça) erre dans mon séjour depuis à peu près le même temps, et sa manière de faire traîner les fausses notes dans le static des amplis, des flashes de bruit-code, et des choeurs approximatifs et tout à fait idéal, avec ou sans le livre, je vous conseille ce beau disque de poussières en suspension sans pathos pâteux de tout mon coeur, en plus, c'est édité par Table of The Elements, ex plus beau label du monde, qui semble avoir rescuscité, vous parlez d'une histoire de sorcellerie.

1 commentaires:

À 9:18 PM , Blogger Fausto Maijstral a dit...

Tu n'es pas le premier à dire du bien de ce livre, donc hop, commandé...
Et puisque tu parles de Royal Family, bientôt sur Tabula Rasa: pourquoi le vrai personnage central est John, pas Henry.

 

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