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samedi, mars 03, 2007

the poetics of time always seem banal compared to those of space

Je ne suis pas encore tout à fait sorti de cette affaire de bilocations, un nébuliseur sur le nez, je continue à être fasciné par ce que je ne comprends pas, et je m'imagine certainement que le fond du problème est toujours le même (un chercheur québécois, récemment rencontré à Umea, en Suède, m'a évidemment ri au nez ). Je crois que ce que je préfère toujours par dessus-tout, c'est regarder les réseaux, sans voir les contours, sans savoir ce qui les fait tenir, comme je laissais, dans Cubase, il y a quelques temps encore, tourner à vide les amas empilés de matière, moins par flemme de retailler leurs formes que par souci de les laisser se mélanger (ça a longtemps été le sujet du malentendu, et puis le malentendu celui de ma frustration, aujourd'hui, je désemplit, demain je met tout en ligne). Il faut donc, ces jours, pour m'intéresser, pour me supporter, voir le Primer de Shane Carruth, ses 9 timelines imbriquées, ses boucles de cul-de-sacs, et me les réexpliquer encore une fois, sans s'énerver parce qu'en fait je n'arrive pas à comprendre même le fonctionnement basique de la machine à avancer dans le temps, fixant le schéma sans que jamais ses lignes ne fassent sens. Il faut aussi lire The Sea Came In At Midnight de Steve Erickson, sa narration diffractée d'événements épars, sa peti te galaxie de récits et de coïncidences (jeudi soir, un peu épuisé, dans une chambre du Magasin à Grenoble, j'ai même pensé délirer en suivant l'histoire s'emballer et perdre de vue son heroïne), son réseau maladroit et un peu brouillon, ses thématiques un peu nases, mais sa belle structure enlacée, presque aussi athlétique que celle d'un Lookout Cartridge (oh, j'aimerais tellement être assez intelligent pour vous parler correctement de McElroy!), son très beau personnage de cartographe de rêves perdus*, ses coordonnées et ses tâches de sens, et puis, apprécier, au-delà de l'atroces ambition de ses petites vérités sur la vie moderne, l'extrême lenteur passionnante de l'écriture de Richard Ford, la manière dont il écoute les bruits ambiant et il regarde les éclats de lumière à chaque fois que son petit héros s'installe quelque part, cette cadence obsessionnelle presque trop dévouée aux paysages très denses de gens, d'arbres et de résidences en stuck qui défile sous ses yeux. Et puis, pour l'excitation des sens, in the light of the miracle, les Kphanapic Fragments (le nom même ne dit rien à personne sur google, c'est bon signe) de Team Doyobi, épopée folle de matières et bulles soniques au destin toujours insaisissable, vraies aventures de sons très excités, kicks mats magnifiques ou mélodies randomisées sans axe, qui ne dévalent jamais l'endroit de la piste qui s'ouvre sous leur roulis incertain, musique de robot sans Pavlov, musique de matières sombres qui percute les tympans sans jamais toucher le sol. C'est toujours un peu pareil, tout ça parce qu'au fond je n'y comprends rien à rien, le hasard me tient la dragée haute et j'aime surtout quand l'art me submerge par en haut, éclate en granulons partout autour de ma petite tête et de son ronronnant moteur diesel. En ps, regardez donc comme ma musique va vite quand quelqu'un d'autre en parle (ce garçon très talentueux s'appelle Ian Lynam et il vit à Tokyo, là où, d'après un grand cartographe, on ne peut jamais dire où est l'est, où est l'ouest). La prochaine fois on parlera, certainement, de maps.


*"Having mapped the city streets and having mapped the city bridges, having mapped the sewers and having mapped the subways, having mapped the power grids and having mapped the water ducts, having mapped the sound currents and having mapped the wind tunnels, Carl eventually begun mapping the true heart of the city, until there was nothing left to map and until his superiors, trying to run things as reasonably as possible, trying to get a grip on things in a time that already seemed to be slipping from their grip, didn't want to see another map from him, not his maps of graffiti or his maps of sexual rendez-vous or his maps of mad women or his maps of runaway children or his maps of dead bodies - not, in short, his maps of Real Life, not to even mention the later maps, the Maps of the Subconscious City: the maps of nervous breakdowns and the maps of psychotic episodes and the maps of religious hallucinations" (Steve Erickson, The Sea Came In At Midnight, 180).

1 commentaires:

À 4:56 PM , Anonymous Bloggie a dit...

Olivier, ça à l'air bien ce dont tu parles, mais globalement je ne comprend absolument rien.
ça me conforte dans mon image d'idiot curieux, c'est parfait.

 

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