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mardi, avril 17, 2007

how to write an exagggeration

c'est quoi la fantaisie



je pose la question, je pense beaucoup la chercher

une définition intéressante dirait que c'est la mise en péril des signes et des signifiés;

je me suis donc précipité comme un idiot sur les Raw Shark Texts du newcomer Steven hall, petit projectile responsable de quelque vaguelette de hype outre-manche ce printemps, would be Italo Calvin-esque, Cortazar-esque, Borgès-ien qui conte la guerre entre un imbécile amnésique de lui-même et un requin de lettres bouffeur de mémoire. Hall est sûrement un lecteur assidu des avant-postes de la critique, il sait que l'époque moderne brasse plus de data dans les réseaux et les HD que de matières fossiles dans les tuyaux, il met donc au monde une floppée de créatures de signes littérales, en étale quelques unes sur la page, énumère quelques sociétés secrètes aux noms ésotériques pour faire bander (sans en raconter une seule) et rêve à voix-haute au grand film d'action post-moderne sur le signe et sur la page. Problème, problèmes, innombrables problèmes: son écriture, d'abord, est calamiteuse, incapable de choisir des stratégies pour décrire l'indescriptible (des monstres de lettres), en dire trop ou pas assez, écroulant les métaphores sous le poids du langage, sabotant le mystère du data-matière en le décrivant à plat d'une langue morne et imprécise (je vous épargne le détail du romanesque, inexistant, les personnages ridicules et leurs dialogues complètement embarrassants) s'emmêlant les pinceaux jusqu'à ce que l'on se demande même si le garçon comprend quelque chose à la complexe architecture du Post-moderne quand il dessine un monstre avec des lettres, fait mine d'encoder un texte dans un autre, ou quand il décrit un repère souterrain comme une maison de... feuilles. Banqueroute mystérieuse qui me fait me demander si Hall n'est pas simplet, quand le requin s'anime et transperce le pavé de pages, les signes du récit qui se déroule eux-mêmes ne sont jamais évoqués, Hall se contentant d'une alchimie simpliste pour transformer un verre de mots en verre d'eau, et d'insérer tel quel quelques stratagèmes métafictionnels et détours typographiques piqués ailleurs pour à peine agrémenter les épisodes de sa pénible et très mince histoire (il suffit d'ailleurs de regarder la minceur des très complètes annotations en ligne sur le livre - je vous jure qu'il n'y en a pas plus à l'intérieur du livre - pour mesurer l'épaisseur de son fonctionnement, la profondeur de son univers, et l'échelle de sa mise en abyme) en rêvant aux infinies digressions qu'ils pourraient enfanter sur quelque forum d'exégèse dédié. On voit bien où ce brave Steven Hall rêvait aller avec son empilements de milestones nerd, un petit peu de Borgès par-ci (l'histoire de Mycroft Ward), un peu de Gibson par-là, sûrement le Lanark d'Alasdair Gray dans la poche avant du sac-à-dos, et puis une grosse plâtrée de son héros certain, de son horizon Danielewski (Hall lui-même a tenté de faire monter la sauce sur le forum House of Leaves) - et c'est peut-être la comparaison avec cet horizon là qui est la plus embarrassante, au-delà du ratage total du livre, de la pauvreté de sa fantaisie, du fossé entre ses prétentions labyrinthiques et son corps de fourmi et de la pathétique animation (sur internet, évidemment) que l'écrivain a tenté de mettre en oeuvre pour faire son coup. Car à l'inverse de la maison de feuilles littérale de Danielewski, étalon auto-réflexif diaboliquement élaboré (j'ai tenté de trouver les failles à cinq reprises, je suis toujours revenu bredouille), trou noir toxique, mise-au-monde du signe dans l'espace et mise-à-plat du réel dans la page, ce blockbuster sur les signes ne regarde pas une seconde l'abîme infini qui est le coeur même de sa problématique, cette double-articulation fabuleuse et impitoyable qui anime le lien entre le signe et l'horizon infini de notions et de non-notions qu'il regarde et recouvre, préférant dévaler, à toute birzingue, celle des manuscrits en or toc, des prêts-à-adapter, des petits coups de fric sans conséquences. Pour le vertige, on repassera. Je cours plonger ailleurs. En l'occurence, présentement en Ambergris.

1 commentaires:

À 6:16 PM , Blogger Fausto Maijstral a dit...

Eh merde! Après Pugnax, deuxième rapport négatif. Maintenant que je l'ai acheté, je dois le lire. Si j'aime, j'ai l'air con. Si j'aime pas, impossible d'être plus méchant que tu viens de l'être. Dans les deux cas, j'aurai perdu mon argent. Pffff....

 

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